Samedi 24 décembre 2005, Hugo Chávez,prononce à l'occasion de noël, un discours, dont plusieurs organisations et médias se sont emparés pour l'accuser d'avoir tenu des propos antisémites. Toute l'affaire repose sur une seule phrase, qu'il faut citer exactement, tant elle a été tronquée, voire réécrite...
Le discours de Chavez étant disponible, il suffit de s'y reporter directement.
« Je viens de terminer ce matin le dernier rapport de l'ONU sur la situation du monde et c'est alarmant. C'est pour ça que je dis que aujourd'hui plus que jamais en 2005 ans, nous avons besoin de Jésus Christ, parce que le Monde est en train de se consumer jour après jour ainsi que la richesse du monde, parce que Dieu, la nature, c'est la sagesse, le monde a de l'eau en quantité suffisante pour que chacun ait de l'eau, le monde a suffisamment de richesses et de terres pour produire de la nourriture pour la population mondiale, le monde a suffisamment de pierre et de minerais pour les constructions pour que personne ne soit laissé sans logis. Le monde dispose d'assez de richesses pour tous, donc, mais dans les faits, des minorités, les descendants de ceux qui crucifièrent le Christ, les descendants de ceux qui jetèrent Bolivar hors d'ici et aussi le crucifièrent à leur manière à Santa Marta en Colombie. Une minorité s'est appropriée les richesses du monde, une minorité s'est appropriée l'or de la planète, de l'argent, des minerais, des eaux, des bonnes terres, du pétrole, des richesses donc, et a concentré les richesses entre les mains de quelques-uns : moins de 10% de la population mondiale possède la moitié de la richesse du monde entier et ... plus de la moitié des habitants de la planète sont pauvres et chaque jour il y a de plus en plus de pauvres dans le monde. Ici, nous sommes décidés à changer l'Histoire... » (p. 15)
(remarquez que nous n'avons pas utilisé le signe : (...). Fort utilisé par des journalistes de Liberation)
C'est donc dans un contexte de dénonciation de l'appropriation des richesses du monde par des minorités que Chavez est amené à prononcer une phrase qui, coupée de son contexte, morcelée, et sur interprétée va devenir la matière d'une grande leçon de journalisme négatif, associant désinformation et divination.
L'ARTICLE DE LIBERATION:
Sous-traitant distrait, le journaliste commence en confondant une ville et un Etat. Traducteur mal intentionné, pour accréditer l'idée selon laquelle c'est le peuple juif qui est directement visé par Chávez, il transforme, « des minorités » en « une minorité », pour laisser entendre qu'elle est juive. ( « Unas minorias » se traduit par « des minorités ».. Il coupe ensuite dans la citation tout ce qui pourrait déranger son interprétation. Voici ce qu'il en reste :
« Plus que jamais, le Christ nous manque (...), mais il se trouve qu'une minorité, les descendants de ceux qui ont crucifié le Christ (...) s'est emparée des richesses du monde [...] et a concentré ces richesses entre quelques mains. ».....!!
Cette campagne sur le prétendu antisémitisme de Chavez est tant un révélateur d'une nouvelle campagne de calomnies que d'un journalisme d'approximation.
