L'ENFANCE D'ERNESTO
Ernesto Guevara de la Serna est né le 14 juin 1928 à Rosario de la Fé, en Argentine. Enfant de la petite-bourgeoisie aisée, de père (Ernesto) constructeur civil et d'une mère, cultivée et imprégnée de littérature française (Celia)...Son asthme ne semble en rien prédisposer le jeune Ernesto à prendre le chemin de la lutte armée...
DECOUVERTE DE L'AMERIQUE LATINE
En 1951, son vieil ami Alberto Granado, biochimiste et radical politique, lui suggéra de prendre une année sabbatique. De cette façon, ils purent concrétiser le voyage dont ils parlaient depuis longtemps, traversant l'Amérique du Sud sur une vieille moto Norton 500cc. Guevara relate cette épopée dans Diarios de motocicleta: Notas de viaje por América Latina, qui a inspiré, avec le témoignage Con el Che por Sudamérica de son ami Granado, un film en 2004 (Carnets de voyage). Au travers de ses propres observations de la pauvreté et de l'impuissance des masses, il conclut que le seul remède aux inégalités sociales de l'Amérique latine était la révolution par les armes. Il fut conduit à considérer l'Amérique latine non comme un ensemble de nations distinctes mais comme une entité économique et culturelle. La libération de cette dernière devait nécessiter une stratégie intercontinentale.
Trois étapes inoubliables jalonnent ce voyage : en mars 1952, la visite, au nord du Chili, de la mine de cuivre à ciel ouvert de Chuquicamata, exploitée par les Nord-Américains avec un cynisme cruel, ce qui renforce Ernesto dans sa haine anti-impérialiste ; la découverte, en avril, de Machu Picchu, l'extraordinaire cité-forteresse des Incas, témoignage grandiose d'une civilisation anéantie ; et, en juin 1952, la visite de San Pablo, une léproserie sur l'Amazone, où Ernesto Guevara se penche avec amour sur les malades.
Alberto Granado trouve du travail au Venezuela et les deux hommes se séparent. Après un parcours initiatique qui lui permet de mieux s'enraciner dans le continent, Ernesto regagne l'Argentine où il termine ses études de médecine afin de poursuivre son périple en Amérique du Sud.
LA RENCONTRE D'HILDA ET DE FIDEL
C'est au cours d'un second voyage entrepris en juillet 1953 et qui, à travers la Bolivie, le Pérou et l'Équateur, puis l'Amérique centrale, le mène au Costa Rica et au Guatemala, qu'Ernesto fait la connaissance de la Péruvienne Hilda Gadea Acosta qui lors de leur premier rendez vous se mefiera car pensait-elle: "il est trop beau pour être intelligent". Elle deviendra sa première femme et lui donnera Hildita, sa fille aînée. Malheureusement, le coup d'État de Castillo Armas, inspiré et armé par les États-Unis, renverse le président Jacobo Arbenz au Guatemala, et met un terme à la réforme agraire Les deux jeunes gens réussissent à passer au Mexique où Ernesto reçoit le surnom de " Che ". Au Mexique, Fidel Castro, après l'échec de l'attaque de la caserne Moncada le 26 juillet 1953 prépare une expédition pour libérer Cuba de la tyrannie de Batista. Le 9 juillet 1955 les deux hommes se rencontrent. Bien qu'Argentin, celui-ci fera partie de la " colonne ". En sa qualité de médecin.
LA REVOLUTION CUBAINE
Le 25 novembre 1956 : le Granma s'en va avec quatre-vingt-deux hommes à bord. Sept jours plus tard, il vient s'échouer sur la plage de Las Coloradas, au sud-est de Cuba. Le 5 décembre, la petite troupe, prise sous le feu des troupes de la dictature, subit un véritable désastre à Alegria del Pio. Dispersion. Che Guevara, Juan Almeida, Camilo Cienfuegos et d'autres rebelles prennent le chemin de la Sierra Maestra. Des dizaines de milliers de soldats, fortement armés, appuyés par l'aviation, pourchassent les insurgés. Mais le Che ne désespère pas : " La guérilla n'est pas ce que l'on pense, explique-t-il : une guerre en minuscule, des groupuscules qui affrontent une armée puissante. Non. La guérilla est la guerre du peuple entier contre l'oppresseur. Le guérillero n'est que l'avant-garde de l'armée du peuple ; le gros de la troupe est fait de tous les habitants. (...) Le peuple est la base et la substance même de la guérilla. " Le peuple, ici, ce sont fondamentalement les paysans. Le souci constant va être d'établir avec eux des rapports fraternels. Ses guérilleros participent aux travaux des champs, achètent les récoltes. Guevara reste un médecin vigilant, éduque ses compagnons analphabètes et prêche la réforme agraire. Son aura est immense dans toute la Sierra Maestra: le docteur est commandant, mais aussi professeur. Sa bravour et sa science du combat lui valent le surnom de guerillero heroico... Progressant vers l'ouest, il triomphe lors de la bataille de Santa Clara, qu' il conquiert le 30 décembre 1958, malgré les chars et l'aviation, ouvrant ainsi la route de La Havane. Les colonnes de Fidel Castro, d'Almeida et de Raul dominent la province d'Oriente, et le 1er janvier 1959, le pouvoir révolutionnaire s'installe dans la capitale .Le 22 mai 1959, le divorce avec Hilda Gadea est prononcé, ce qui lui permet de régulariser la situation avec Aleida March, qu'il épouse le 2 juin de la même année. Il l'avait rencontrée dans la province de Las Villas à Cuba...
Ambassadeur auprès des pays socialistes et du tiers-monde, directeur de l'Institut national de la réforme agraire, président de la Banque cubaine, ministre de l'Industrie, Che Guevara est promu aux plus hauts postes. On imagine la tête des doctes banquiers de la City quand ils aprennent la nomination d'un guerillero à la presidence de la banque nationale... Souhaitant ardemment l'avènement d'un homme nouveau, il rejette les stimulants matériels et prône une économie centralisée. Che s' est constamment intéressé à la jeunesse à propos de laquelle il a dit "l' argile fondamentale de notre oeuvre est la jeunesse. Nous déposons en elle nos espoirs et nous la préparons à prendre le drapeau de nos mains".Il n' est donc pas étonnant que cet homme exceptionnel, ce combattant internationsliste, ce militant exemplaire, soit devenu un symbole pour la jeunesse du monde entier.A Cuba , la jeunesse est encore éduquée dans l' exemple du Che.
Fidel Castro, en août 1960, nationalise les compagnies pétrolières nord-américaines, qui ne lui livrent plus de carburant. Moscou s'est engagé à un quota minimum d'achat sucrier à condition que son propre pétrole soit raffiné à Cuba, pays de monoculture. Les relations entre les États-Unis et leur ancienne colonie se tendent dangereusement, d'autant que tous les biens américains sont expropriés sans indemnisation, ce qui entraîne l'arrêt des importations de sucre. Washington envoie quelque mille cinq cents anti-castristes qui, le 17 avril 1961, débarquent à Playa Giron, dans la baie des Cochons. Le peuple en armes les écrase.
Le 2 décembre 1961, Fidel Castro définit la Révolution cubaine comme marxiste-léniniste, ce que les États-Unis ne sauraient tolérer à cent milles de la Floride. En conséquence, ils mobilisent des forces impressionnantes. Il faut absolument que les Nord-Américains comprennent qu'attaquer Cuba reviendrait à attaquer l'URSS. D'où l'installation d'une base de missiles dans la province d'Oriente, et la dangereuse crise des fusées. La teneur des câbles échangés par Nikita Khrouchtchev et John Kennedy entre le 22 et le 28 octobre 1962 donne une idée de l'énormité de l'enjeu
LE DISCOURS D'ALGER
Les Soviétiques retirent leurs missiles et les Nord-Américains renoncent à intervenir. La paix du monde est sauve. Mais Che Guevara est mécontent : Khrouchtchev n'a pas consulté Fidel Castro. Le discours d'Alger (février 1965) donne toute la mesure de la déception du Che dont le regard, désormais, se tourne vers les pays non alignés : " Les Soviétiques marchandent leur soutien aux révolutionnaires populaires au profit d'une politique étrangère éloignée des grands objectifs internationaux de la classe ouvrière. (...) Il ne peut exister de socialisme si dans la conscience ne s'opère pas un changement qui suscite une nouvelle attitude fraternelle à l'égard de l'humanité. (...) Les pays socialistes sont dans une certaine mesure les complices de l'exploitation capitaliste. Il faut une conception nouvelle des rapports internationaux. "... Mais Fidel a besoin de l'URSS... A son retour à Cuba, il aura une explication avec Fidel de 24 heures et peu de temps après, Che renonce à sa nationalité cubaine et demisionne de ses postes de ministres.
LES DERNIERS COMBATS DU CHE
Che Guevara estime que son destin de révolutionnaire doit le mener ailleurs, pour y allumer des foyers anti-impérialistes. En avril 1965, on le trouve au Congo, puis en Bolivie. Mais le Parti communiste bolivien ne le soutient pas, les paysans ne rejoignent pas sa petite troupe. L'armée du dictateur Barrientos, avec l'aide de ses conseillers militaires nord-américains et des agents de la CIA, le traque sans merci, le capture, et, le 9 octobre 1967, l'assassine.
Sa personnalité comme son message libérateur en font depuis, l'une des figures de proue de l'histoire contemporaine et le symbole de lutte anti-imperialiste
ERNESTO CHE GUEVARA, TU EJEMPLO VIVE, TUS IDEAS PERDURAN !!!!!!!